Livreur.ses de tous les pays, unissons-nous !

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L’ubérisation, stade suprême du capitalisme ? Depuis quelques années, les plateformes numériques réorganisent et transforment le travail, permettent à leurs propriétaires de maximiser leurs profits et de diviser les travailleurs. Ces derniers paient le prix fort : mal rémunérés, payés à la tâche, condamnés à la précarité.
Malgré ces obstacles, les forçats de la pédale s’organisent et mènent des luttes. Dans cet article, un membre du collectif des livreurs autonomes de Paris (CLAP) nous raconte les mobilisations en cours face à Deliveroo. Au niveau local, national et transnational, les livreurs s’organisent, font alliance avec les syndicats et font pression sur la multinationale. Ils inventent des solutions qui permettront à l’avenir de créer une économie au service de ceux qui la font tourner.

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Luttes de classe à l’heure des plateformes numériques

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Nous interrogerons ici la place des plateformes dans les transformations des rapports au travail. En ce qui concerne les plateformes de livraison à domicile, cette nouvelle organisation se traduit essentiellement par l’abstraction croissante des rapports d’encadrement, la délégation de tâches de plus en plus nombreuses au travailleur (de la gestion de l’emploi du temps à l’entretien quotidien du matériel), la limitation au maximum tout contrôle du livreur sur son activité, et en faisant peser sur lui la responsabilité de la rentabilité du service, principalement par le biais du salaire à la tache. Pour autant, la forme que peuvent prendre ces nouvelles méthodes d’exploitation ne doivent pas être fétichisées.

S’il y a bien un discours critique à porter sur le processus « d’ubérisation » celui-ci doit se faire sur des problématiques de classe et sans mystification du contrat de travail. Ces mesures, tout comme l’horizon autogestionnaire, aussi salutaires soient-elles pour une partie de travailleurs ne sauraient que favoriser les plus qualifiés d’entre eux, seuls à pouvoir prétendre au contrat salarial traditionnel. L’idée n’est pas tant de contrecarrer l’ubérisation pour revendiquer un statut salarial classique, un retour à l’entreprise comme « communauté », toute aussi aliénante et où l’exploitation n’est pas forcément moindre, mais de prendre en compte cette hétérogénéité pour aboutir à des perspectives de luttes communes.

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La vie d’un livreur vaut moins que la voiture d’un patron

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Précaires, atomisés, individualisés, voire même libéraux : tels étaient les adjectifs utilisés jusqu’à présent pour décrire les secteurs ubérisés et les considérer comme impossible à organiser. Je vais tâcher de démontrer le contraire et pour cela, je vais commencer par rappeler ce qu’est l’ubérisation.

Être ubérisé, cela veut dire que nous ne sommes pas salariés, et concrètement pour nous, le code du travail n’existe pas. Nous n’avons pas de fiche de paie, mais une facture envoyée à une entreprise qui porte notre nom. Nous n’avons pas droit aux cotisations, qui sont d’habitude payées par l’employeur, que ce soit pour la retraite, le chômage, ou la sécurité sociale. L’achat et l’entretien de nos outils de travail, vélo, scooter, smartphone, sont à notre charge. Nous n’avons pas non plus de SMIC horaire, et encore moins de salaire fixe puisque nous sommes payés à la tâche.

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